Mon Doudou
Doudou et moi, c'est une histoire "vieille" d'un an et demi. C'est en juin 2006 qu'on s'est rencontrés, à une soirée organisée par une copine en commun. Alors, il y avait une chance sur 1 million pour qu'on se rencontre, parce que moi je devais pas y aller et lui non plus. Mais par hasard on s'est retrouvés tous les deux là-bas.
La première image que j'ai de Doudou, c'est lui en train de renverser dans un élan toute la table basse sur laquelle on jouait. A ce moment-là je savais pas qu'il serait l'homme de ma vie, mais bon, il m'a bien fait rire. Et puis la soirée a continué, les gens sont allés se coucher les uns après les autres, et finalement on s'est retrouvés tous les deux, avec nos bières, a papoter de tout et de rien. On a regardé le soleil se lever et les mesanges faire leur nid (ca a l'air ridicule dit comme ca), on a parlé football, il m'a dit qu'il jouait du violon (la classe), et tout aurait pu commencer là si ... j'avais pas été avec quelqu'un a ce moment là. Et oui, mesdames, ne me conspuez pas, mais je fricotais avec Doudou sans être totalement libre. C'est mal, mais j'ai des circonstances atténuantes.
A l'époque j'étais avec ***, depuis deux ans et demi, et depuis environ 8/9 mois, j'en pouvais plus. Il aurait fallu que je parte tout de suite, je sais, mais on avait un appart', un chat, une tortue, je voulais pas précipiter. Mais là, je savais qu'avant la fin de l'été, tout serait fini. Restait a avoir le courage de prendre mon sac, bien sûr. Je veux pas cracher sur ***, parce qu'on a eu des bons moments, mais à l'époque c'était un sombre connard. Il était irascible, méchant, et il savait frapper là où ca fait mal. Et il se gênait pas. Il me collait la honte régulièrement devant les potes, et moi bien sûr je pardonnais tout. J'ai beaucoup pris sur moi pendant tout ce temps, et bien sûr ca n'excuse pas l'infidelité, mais bon, je regrette pas de l'avoir fait maintenant. La fin justifierait-elle vraiment les moyens? Ben là ... oui.
Enfin, donc je rencontre Doudou, et je vois à quel point il est en tout point l'homme parfait. Et je lui dis que je suis pas seule. Et il me juge pas, et il me pousse pas à choisir le soir même. Il attend juste, en me disant "Si quoi que ce soit arrive, ma porte est ouverte 24h/24". Et il disait ca serieusement, parce qu'après deux semaines de doute, de peur, d'hesitations, il y a eu la fois de trop.
Je regardais "C'est pas sorcier" sur les papillons. *** est sorti de la salle de bains, et il a braillé. C'était tellement habituel que je me rappelle même pas le motif. Une serviette mal rangée ou un cheveu dans la baignoire peut-être. Et là je lui ai dit que j'allais partir. Il ne m'a pas crue. Mais j'ai pris mon sac (un vieux sac de ma mère, qui ne fermait même plus), j'ai fourré dedans mon écharpe porte bonheur (une echarpe offerte par ma meilleure amie, je la porte tout le temps, été ou hiver), un jean, des paires de chaussettes et autres sous-vêtements, un tee-shirt. Et je suis partie. Et je ne me suis pas retournée.
Après, et bien j'ai traversé le centre ville pour aller chez Doudou. Ca a été les pires 800 mètres de ma vie. Parce que je venais de quitter ***, et que je savais pas ce qui m'attendais après. J'avais une partie de moi qui adorait ca, et une autre qui me soufflait "tu te plantes, là-bas on va te claquer la porte au nez". Mais j'y suis allée, je me rappelle que ce jour là j'étais en mini-jupe avec des collants, je m'étais maquillée, j'étais pas dans une super tenue pour affronter une épreuve. Alors les gens ont vu passer dans la rue une nana en jupe rose et collants violets avec les yeux noirs, en pleurs. On est pas dans un film.
C'était le 5 juillet 2006. Le soir il y avait France-Portugal, demi-finale de la coupe du monde. Doudou faisait une soirée chez lui pour regarder le match. Moi j'étais invitée, je devais arriver vers 8h. A 6heures, j'étais devant la porte. J'entendais des voix à l'interieur, mais j'avais peur de frapper, peur de sa reaction. En même tems, à chaque instant quelqu'un pouvait arriver pour venir à la soirée. Alors j'ai frappé, la boule au ventre. Il est venu ouvrir la porte, et il m'a touvée sur son palier, avec ma mini-jupe, mon vieux sac, le mascara sur les joues. J'ai même pas eu besoin de parler, il a juste ouvert les bras, et moi je m'y suis jetée. il a pris mon sac, l'a posé dans l'appart, et il est resté avec moi le temps que je me calme. Je lui ai dit que j'avais quitté ***, il ne m'en a pas demandé plus. Il m'a offert une bière, j'ai rectifié mon maquillage, et on est parti pronostiquer le match avec les potes. Une demi-heure après mon arrivée, je souriais, je riais, j'étais libérée d'un poids que je n'avais même pas soupçonné.
Après, il y a eu une ou deux semaines terribles, il a fallu que j'aille rechercher mes affaires, il a fallu que j'encaisse le fait que tous mes amis me haïssaient, il a fallu que je me rende compte qu'ils y en avaient peu qui avaient cherché a comprendre. Je devais rester à Limoges tout l'été, parce que je travaillais trois semaines en Août. J'avais dans l'idée de repartir chez mes parents après, pour continuer mes études. Doudou m'a dit de rester chez lui jusqu'à la fin de l'été. Le 15 août il rencontrait mes parents. Le 16 il me demandait de vivre avec lui. J'ai dit oui. Je le regrette vraiment pas.
Quand j'y repense, c'est une histoire de fous. On a habité ensemble dès le début. On avait un chat un mois et demi après qu'on se soit mis ensemble. Moins d'un an après notre rencontre on déménageait dans un appartement pour deux, un vrai nid d'amoureux. Crédit pour les meubles, deuxième chat. Notre lit tout neuf, notre canapé, notre histoire. Sans jamais douter, sans jamais se poser de questions. Si c'est pas ça, l'Amour ...
Par La Poch, Lundi 14 Janvier 2008 à 14:23 GMT+2 dans Bla-Bla (article, RSS)






