Mon compte Facebook
Je suis facebookée. Oui, je sais, c'est mal. Parce que ca sert à rien, parce que ca fait perdre du temps, parce que tout le monde s'en fout de savoir "What vegetable" je suis.
Il n'empêche que j'y suis, j'ai adhéré à des groupes, à des applications, j'ai fait des quizz sans aucun sens, j'ai retrouvé des amis de collège et ils ont écrit sur mon "Super Wall".
Au début, je me suis quand même posé la question : "Mais à quoi ca sert?".
Bin, en fait, à pas grand chose.
Déjà, c'est tout en anglais, alors je comprend pas la moitié de ce que je fais.
Du coup je me retrouve a soutenir une cause mystérieuse qui s'occupe (je crois) de sauver une espèce de fourmi en Amérique du Sud.
C'est pas comme si y'avait plus important sur Terre, hein.
J'y ai découvert que si j'étais née "personnage de Disney", j'aurais été Pocahontas (...).
Ce qui est assez drôle quand on sait que Doudou se fait appeler John Smith.
J'ai appris que l'on pouvait savoir quelle personnalité criminelle on était, quelle morceau du porc je représentais, quelle ville de France m'irait le mieux, quelle alcoolique j'étais, quel simpson je serais si j'étais née jaune, quel désert, quel forêt, quel pièce de ma maison, quel marque de PQ, quel sorte de café ...
Bref, vous avez compris.
Moi, à la base, je voulais juste retrouver quelques potes. Vois ce qu'ils étaient devenus, voir leur photo surtout, et voilà.
Reprendre contact, peut-être.
Le truc, c'est que j'étais (et je suis) sur Copains d'avant. J'ai retrouvé quelques gens, pris leur adresse msn, discuté avec eux.
Mais passé les banals "ca va? qu'est ce que tu deviens?" et les quelques souvenirs du "bon vieux temps", et bien il y a rapidement un grand blanc qu'on comble par un "bon ben faut que je te laisse, bisous".
Du coup, j'ai toute une tripotée de contacts msn auxquels je n'ai parlé qu'une ou deux fois. Parce que ces gens, on les connaissaient au collège, voir au lycée, mais depuis on a changé, et on est rarement sur la même longueur d'onde.
En plus, je trouve ca hyper-hypocrite.
Par le pretexte d'avoir été dans la même classe pendant quelques temps, on se sourit (virtuellement), on se flatte, on fait semblant d'être contents d'avoir des nouvelles.
Et toutes ces fois où tu m'as ignorée, et toutes ces fois où t'a fait une fête à laquelle j'étais pas invitée ?
Alors on fait semblant d'avoir oublié, on fait semblant d'avoir été copines avant.
A la limite, on peut tirer une satisfaction personnelle a voir les photos de ces anciennes greluches auto-sacrées "reines du collèges", qui semblaient avoir un repousse-acné naturel.
Mais qui l'ont eu, cette poussée d'acné, tardive mais dévastatrice.
On peut se sentir grande quelques minutes en racontant notre vie et en voyant qu'on est mieux qu'elles.
Mais une fois l'égo rassasié, on se rend compte que ca sert à rien. On les aimait peut-être un peu, voire beaucoup à l'époque, mais on a plus rien à se dire.
Qu'est ce que vous voulez raconter à quelqu'un que vous n'avez pas vu depuis 8 ans? Surtout à nos âges, entre 14 et 22 ans, on change beaucoup.
Et puis, si on avait vraiment voulu, on aurait pas perdu le contact. J'ai toujours des nouvelles, régulières, de copines de collège. On a grandi ensemble, à distance, mais on a jamais rompu le lien.
Du coup, Facebook, c'est surtout pour rigoler avec les copains de maintenant. On s'envoie des bières, on se teste sur des sujets divers et variés, on crée des groupes ...
Parce que les autres, ceux qui sont outrageusement appelés "amis" sur mon compte mais qui ne sont en fait qu'une photo et un profil, ceux-là sont juste des souvenirs, des stigmates du passé.
Je ne suis pas contre Facebook, sinon je ne m'y serais pas inscrite. Mais je ne pense pas que ca soit un bon moyen pour retrouver des amis.
Parce que les amis, si ce sont des vrais, on ne perd leur contact, leur adresse, leur mail.
Par La Poch, Vendredi 7 Mar 2008 à 14:22 GMT+2 dans Bla-Bla (article, RSS)




