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Mon analyse

*Mode Ned Flanders : ON*

"Sali-sala-salut les copinous-les copinettes !"

*Mode Ned Flanders : OFF*

 

Hum ...
Bien, bien, bien ...
En fait je viens vous faire lire un truc que j'ai fait pour un dossier, qui concerne "La violence à l'école dans les médias".

Alors ma partie du dossier consistait à une analyse "personnelle" de ce phénomène de surmédiatisation des violences à l'école.

C'est un peu long, désolée ... si vous allez pas jusqu'au bout je comprendrais ^^

Et donc j'aimerais avoir votre avis sur ma "production".
Merci !

C'est à partir 1996 que la violence scolaire fait réellement son apparition dans les médias. Depuis, télévision, revues, et surtout Internet racontent les cas de violence à l'école. Sous des titres chocs («Le lieu de tous les dangers: racket, viols, tortures, meurtres» »), les médias relatent les actes les plus violents.
Et donc, si on ne lit que la presse, la violence scolaire rime avec violence spectaculaire. Lycéens armés, professeurs agressés, guerre entre bandes rivales ou encore embuscade à la sortie des cours.
Mais la violence scolaire n'est pas seulement ce qu'on en voit à la une des journaux. En effet, moins médiatique car moins impressionnante, la violence quotidienne à l'école est surtout constituée de petits délits : vols, « rackets aux devoirs », bagarre.
Bien sûr, ces petits incidents ne sont pas relatés chaque jour dans les journaux, mais ils font l'objet d'études globales, de statistiques, et servent même à « classer » les établissements, du plus sûr au plus dangereux.

La violence scolaire est donc seulement relatée quand elle « fait vendre ». A coups de chiffres, de titres accrocheurs, les médias transforment l'école en lieu de barbarie.
Le problème, c'est que les faits sont régulièrement exagérés. Un racket peut très vite se transformer en tentative de meurtre, et si cela n'a pas d'incidence particulière à première vue, cela peut poser problème pour les racketteurs, transformés en meurtriers pour l'opinion publique.

Médiatiser la violence scolaire est aussi utilisée à des fins « politiques », et par tous les acteurs. Les enseignants s'en serve pour demander plus de sécurité, plus de moyens. Les différents partis politiques en font un levier pour appuyer une réforme. Elle appuie notamment les demandes de renforcement des interventions de la police dans les établissements,

Mais on peut se demander si la (sur)médiatisation de la violence scolaire ne porte pas préjudice à l'école. En effet, si elle peut servir à augmenter les moyens de sécurités, si elle peut amener des fonds plus importants, alors elle est bénéfique. Mais elle a transformé l'école aux yeux de l'opinion publique. Elle en a fait un lieu de violence, ou les enfants ne sont plus en sécurité. Et donc la moindre infraction dans l'enceinte d'un établissement scolaire devient affaire publique, et les sanctions réclamées par les parents d'élèves sont disproportionnées. Et quand un élève est exclu trois jours pour s'être bagarré dans les vestiaires de sport, le sentiment d'injustice s'accroît, la tension est plus grande, et la violence augmente. Médiatiser les actes de violence ne servirait donc au final qu'à « mettre de l'huile sur le feu ».

Alors la mise à la « une » des actes violents à l'école ne serait-elle qu'un moyen d'augmenter les ventes ou d'augmenter l'audience ? Certainement pas. On parle de la violence scolaire parce que c'est devenu un problème de société. Parce que, d'une certaine manière, les gens veulent savoir si le collège dans lequel ils envoient leurs enfants est sûr. Parce qu'il veulent savoir ce qu'il se passe dans les écoles, ce qui paraît normal. Mais il faut veiller à mesurer les propos dans les articles, dans les reportages.

Bien sûr, il ne faut pas non plus passer la violence à l'école sous silence. Parce que c'est en en parlant, en montrant qu'il y a des problèmes, qu'on pourra l'éradiquer des écoles. Car la violence est souvent présente quand on n'en parle pas. Les élèves qui la subissent sont isolés, ils ne s'en plaignent que rarement. En médiatisant la violence scolaire, en montrant qu'elle existe, on permet aux élèves de voir qu'ils ne sont pas seuls, et ils peuvent plus facilement en parler. Ils sont moins honteux d'avoir subit racket, vol ou tabassage. Et on montre aussi ce que risquent les auteurs des agressions. Publiquement, on énonce les peines d'exclusion, quelques fois après une séance devant un juge. Si cela est un peu théâtralisé dans les faits, on peut en tirer l'avantage d'avoir une image forte pour décourager un agresseur potentiel ou effectif.
C'est surtout cela l'important : la prévention. On prend un lycée à l'étranger ou une initiative locale pour exemples. On montre comment on peut éviter la violence. De nombreux articles voient le jour, expliquant comment en parler à ses enfants, comment percevoir les signes qui peuvent laisser penser qu'un élève est sujet au racket. On montre au « 20 heures » des intervenants qui viennent dans les classes parler de la violence à l'école. C'est aussi cela la violence scolaire dans les médias. On cherche des solutions, on met en valeur les initiatives qui marchent, on analyse les causes. C'est ce qui est bénéfique dans l'omniprésence de la violence scolaire dans les médias. Elle permet la diffusion des théories, des solutions proposées, des bonnes idées.
Tout en se rappelant qu'il ne faut pas mélanger prévention et psychose, qu'il ne faut pas stigmatiser les établissements de zone d'éducation prioritaire, que les agressions violentes restent exceptionnelles.

Ainsi, il faudrait donc parler de la violence dans les médias, mais ne pas l'utiliser comme faire-valoir. Il faudrait prévenir la violence, mais ne pas déclencher une psychose. Parler d'un évènement avec le recul nécessaire pour éviter une exagération ou un mauvais compte-rendu de la situation. Car il ne s'agit pas d'enlever la violence scolaire de la presse, mais bien d'éviter que son omniprésence n'aggrave la situation.
Bien sûr, la violence n'a pas attendu les médias pour s'installer à l'école. Déjà en 1883, des émeutes au lycée Louis-le-Grand avaient été réprimées par deux escouades de sergents de ville. Et selon Bernard Defrance, dans une interview accordée au journal Le Progrès, journal de l'Ain le 24 février 1998, « La violence entre les jeunes d'une manière générale a été dans le passé beaucoup plus forte qu'elle ne l'est aujourd'hui. ». Il explique l'augmentation du nombre d'actes violents dans les écoles par l'augmentation du nombre d'élèves. En effet, dans les années 50, 10 à 20% d'une classe d'âge entrait en sixième. Aujourd'hui, alors que le nombre d'habitants en France a augmenté, c'est 100% d'une classe d'âge qui s'y rend (en excluant les quelques élèves scolarisés à domicile). La violence adolescente était bien présente avant, mais elle ne s'exprimait surtout en dehors de l'école. Aujourd'hui, la majorité des enfants et des adolescents passe une grosse partie de leur temps à l'école. C'est donc presque « naturellement » que la violence s'est infiltrée dans les établissements scolaires. Et ce qui choque, ce qui fait réagir les médias, c'est le fait que les enfants sont censés être sous la surveillance des adultes pendant ce temps passé dans les salles de classe ou dans les cours de récréation. Et que même surveillés, même dans ce lieu « privilégié » que doit être l'école, la violence est présente.
Faut-il enlever la violence scolaire de la presse ? La réponse est clairement non. Faut-il pour autant la surmédiatisée ? Une fois encore, on en peut que répondre négativement. Comme souvent, la solution est dans le « juste milieu ». Encore faut-il trouver ce juste milieu. Savoir ce qu'il faut dire, mais savoir jusqu'où l'on doit aller dans les détails, dans le choix des mots. Ne pas exagérer dans le récit des actes. Eviter de faire dans le sensationnel. Car la violence scolaire n'est pas un outil d'audimat, ni un sujet léger à vulgariser.

Vos commentaires

1 Le Lundi 28 Avr 2008 à 16:58, par JSmith

J'apporte mon commentaire, même si tu connais déjà mon avis ^^
Je trouve ton texte très classe, très bien écrit ;)

Gros bisous,

JSmith

2 Le Mercredi 30 Avr 2008 à 15:05, par Lara

J'y vais de mon petit avis : j'ai beaucoup aimé ton texte, il est bien construit, on voit bien le fil conducteur, néanmoins je regrette que les tournures ne soient pas un peu plus "littéraires" comme je les retrouve sur ton blog, par exemple. Même pour les dossiers, je trouve que cela donne un plus qui fait tout de suite moins "scolaire". Après c'est une question de goût et mes binomes me maudissent à chaque dossier pour cela :D

3 Le Mercredi 30 Avr 2008 à 16:04, par Emilie

Merci pour ton avis ^^ Oui c'est vrai il y a quelques "ratés" même si j'ai essayé justement de faire un truc un peu plaisant à lire ... Le problème, c'est que mon prof est un vieux c*n qui aime pas qu'on sorte de ce qu'il appelle "les limites" donc je pouvais pas trop me liberer ;) Mais merci de l'avis :D Je vous tiendrais au jus pour les résultats ^^

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